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«LA PARENTHÈSE est terminée, nous allons
pouvoir reprendre le cours normal de nos travaux. » D'une
phrase, alors qu'il vient à peine d'être réélu
président du conseil général des Hauts-de-Seine
et que ses partisans ont encore les mains rougies par les applaudissements
qu'ils viennent de lui réserver, Charles Pasqua a tout
résumé. Le 25 juillet dernier, touché par
le cumul des mandats car à la fois député européen
et chef d'un exécutif local, l'ancien ministre de l'Intérieur
est contraint de quitter la présidence qu'il occupait
depuis quatorze ans. Mais hier, élu par la majorité UMP-RPF-UDF
du département, celui qui n'avait en fait jamais quitté son
bureau, a retrouvé sa place : la première.
Ce
retour, Pasqua le doit au gouvernement et au projet de loi
sur la réforme des modes de scrutin. Ce nouveau texte
rétablit la possibilité de cumuler un mandat
de député européen avec la présidence
d'un exécutif local. D'aucuns y voient là un
cadeau de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et élu
de… Neuilly. Ce que Charles Pasqua nie en bloc : « Quand
j'ai démissionné, j'ignorais qu'une modification
de la loi était en préparation », jure-t-il.
Mais les circonstances ont décidément été bien
clémentes avec l'ancien ministre. Car, tandis que le
gouvernement Raffarin s'attelait à sa réforme,
le conseil général n'était toujours pas
au complet et ne pouvait donc pas procéder à l'élection
de son nouveau président. La faute à des conseillers
nouvellement élus à l'Assemblée nationale
et bien peu pressés de démissionner…
Le PS saisit le préfet
Toutefois, aujourd'hui, tout n'est pas encore rentré dans
l'ordre. La nouvelle loi électorale n'a pas encore été promulguée.
De fait, par rapport au 25 juillet dernier, rien n'a véritablement
changé : Pasqua est de nouveau en situation de cumul.
De quoi susciter le courroux des élus de gauche. Chef
de file du PS, Pascal Buchet dénonce une « mascarade ».
Et de brocarder : « Pendant les six mois d'intérim,
le conseil général a fonctionné de bric
et de broc. Et voilà que l'instabilité va perdurer. » Afin
de marquer leur désapprobation, les élus communistes
ont, eux, purement et simplement quitté l'hémicycle
au moment du vote.
Le PS s'en remet au préfet en dénonçant
une situation d'« incompatibilité ». Une
requête qui a bien peu de chances d'aboutir. « Il
suffira que le préfet n'ait plus d'encre dans son stylo »,
ironise un élu de la majorité. La loi sera effectivement
promulguée dans très peu de temps et Charles
Pasqua peut être tranquille. Le revoilà donc président
jusqu'en 2004. Au moins.
Timothée Boutry
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