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Le Parisien
vendredi 28 février 2003
Nanterre - Conseil général des Hauts-de-Seine
Le retour du président Pasqua

«LA PARENTHÈSE est terminée, nous allons pouvoir reprendre le cours normal de nos travaux. » D'une phrase, alors qu'il vient à peine d'être réélu président du conseil général des Hauts-de-Seine et que ses partisans ont encore les mains rougies par les applaudissements qu'ils viennent de lui réserver, Charles Pasqua a tout résumé. Le 25 juillet dernier, touché par le cumul des mandats car à la fois député européen et chef d'un exécutif local, l'ancien ministre de l'Intérieur est contraint de quitter la présidence qu'il occupait depuis quatorze ans. Mais hier, élu par la majorité UMP-RPF-UDF du département, celui qui n'avait en fait jamais quitté son bureau, a retrouvé sa place : la première.

Ce retour, Pasqua le doit au gouvernement et au projet de loi sur la réforme des modes de scrutin. Ce nouveau texte rétablit la possibilité de cumuler un mandat de député européen avec la présidence d'un exécutif local. D'aucuns y voient là un cadeau de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et élu de… Neuilly. Ce que Charles Pasqua nie en bloc : « Quand j'ai démissionné, j'ignorais qu'une modification de la loi était en préparation », jure-t-il.

Mais les circonstances ont décidément été bien clémentes avec l'ancien ministre. Car, tandis que le gouvernement Raffarin s'attelait à sa réforme, le conseil général n'était toujours pas au complet et ne pouvait donc pas procéder à l'élection de son nouveau président. La faute à des conseillers nouvellement élus à l'Assemblée nationale et bien peu pressés de démissionner…

Le PS saisit le préfet

Toutefois, aujourd'hui, tout n'est pas encore rentré dans l'ordre. La nouvelle loi électorale n'a pas encore été promulguée. De fait, par rapport au 25 juillet dernier, rien n'a véritablement changé : Pasqua est de nouveau en situation de cumul. De quoi susciter le courroux des élus de gauche. Chef de file du PS, Pascal Buchet dénonce une « mascarade ». Et de brocarder : « Pendant les six mois d'intérim, le conseil général a fonctionné de bric et de broc. Et voilà que l'instabilité va perdurer. » Afin de marquer leur désapprobation, les élus communistes ont, eux, purement et simplement quitté l'hémicycle au moment du vote.

Le PS s'en remet au préfet en dénonçant une situation d'« incompatibilité ». Une requête qui a bien peu de chances d'aboutir. « Il suffira que le préfet n'ait plus d'encre dans son stylo », ironise un élu de la majorité. La loi sera effectivement promulguée dans très peu de temps et Charles Pasqua peut être tranquille. Le revoilà donc président jusqu'en 2004. Au moins.
Timothée Boutry

 

 
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