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Presse

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Le Parisien
27 février 2003
L’événement

« Je laisse ma place à Charles Pasqua »

JEAN-PAUL DOVA, président par intérim du conseil général

DEPUIS le 25 JUILLET 2002, Jean-Paul Dova était président par intérim du conseil général. Il nous livre ses sentiments à la veille de céder la place à son détenteur historique, Charles Pasqua.

Quel bilan tirez-vous de ces sept mois d'intérim ?

Ce fut un moment très fort dans mon parcours personnel, un enrichissement prodigieux. Je ne regrette pas du tout l'expérience. Et je pense que je n'ai pas à rougir de mon action à la tête de l'assemblée.

J'ai notamment fait adopter le budget. Qui plus est, contrairement à ce qu'ont pu dire certains élus de l'opposition, l'action de l'assemblée n'a pas été entravée et nous avons pu lancer de grands chantiers.

Je pense par exemple au stade Yves-du-Manoir, à l'île Monsieur, à l'île Saint-Germain ou bien au dossier de la politique de la ville.

Si l'expérience fut si bonne que cela, n'auriez-vous pas souhaité qu'elle se prolonge ?

Il était évident d'emblée qu'il s'agissait d'un intérim. Mon engagement était très clair vis-à-vis de Charles Pasqua : s'il s'avérait qu'il pouvait reprendre son poste comme c'est effectivement le cas aujourd'hui, alors je lui laissais évidemment la place.

En revanche, s'il n'avait pas voulu ou pas pu revenir, j'aurais été candidat. Il n'y a jamais eu d'ambiguïté. Je ne suis pas amer du tout.

On sait que Charles Pasqua n'a jamais quitté son bureau. Sa présence n'a jamais été pesante ?

Pas du tout. Il a joué un rôle d'expert mais il ne m'a jamais barré. Il a été d'une grande aide pour moi et il a toujours répondu présent. Je crois que, au cours de cette période, il a vu que j'étais quelqu'un sur qui on pouvait compter.

L'UDF, qui revendique le siège de premier vice-président du conseil, s'inquiète que vous puissiez briguer cette place. Qu'en est-il ?

Je suis effectivement candidat à la première vice-présidence. En sept mois, j'ai vu toute la masse de travail qu'il fallait pour faire tourner la machine départementale. Et, compte tenu de mon expérience, je pense être le mieux placé pour occuper ce poste. En ce qui concerne l'UDF, il n'y a jamais eu d'accord juridique entre nos deux groupes. Il s'agissait juste d'un principe qui correspondait à une certaine époque. Mais je ne doute pas que nous trouverons un accord. Demain (NDLR : aujourd'hui), une réunion de chacun de nos groupes est prévue et je pense que nous trouverons une solution avant le vote.

Propos recueillis par Timothée Boutry

 


Chronique d'un retour annoncé

26 juillet 2002. Charles Pasqua envoie une lettre à tous les conseillers généraux. En situation de cumul, il doit choisir entre son poste de président du conseil général et son mandat européen. Afin de « prendre toute sa part » dans le débat continental, il décide de rester à Strasbourg, et quitte le poste qu'il occupe depuis quatorze ans, écrit-il à ses collègues. Fidèle parmi les fidèles, Jean-Paul Dova assure l'intérim pour toute la période où le conseil général n'est pas au complet.

Courant août 2002. Selon Jean-Paul Dova, ce n'est que trois semaines après son départ que Charles Pasqua apprend qu'une réforme des modes de scrutin se prépare et qu'elle pourrait intégrer une modification de la règle du cumul des mandats. C'est-à-dire permettre à un député européen d'être en même temps en charge d'un exécutif local. Pour d'autres, il s'agirait d'un cadeau de Nicolas Sarkozy dans l'hypothèse où ce dernier souhaiterait accéder à la présidence du conseil en 2004.

7 août 2002. Le scénario du retour de Charles Pasqua se précise. Quatre conseillers généraux ont été élus à l'Assemblée nationale. Tant qu'ils n'ont pas été remplacés, le conseil ne peut élire son nouveau chef. Le quatrième d'entre eux, Philippe Pemezec, attend le dernier moment pour démissionner.

9 novembre 2002. Philippe Pemezec démissionne.

6 décembre 2002. Le conseil général se réunit en séance publique et l'opposition s'agite. Pierre Sotura (PC) rappelle que « l'intérêt des populations du département doit passer avant les convenances personnelles ». Pascal Buchet (PS) parle, lui, de « tartufferie ».

20 janvier 2003. Cérémonie des voeux au conseil général. En haut de l'escalator, les invités sont accueillis par... deux hommes : Jean-Paul Dova et Charles Pasqua.

2 février 2003. Jacques Perrin est élu en remplacement de Philippe Pemezec. La machine est lancée, le nouveau président doit être élu dans le mois qui suit.

Aujourd'hui 17 heures. La majorité départementale présente... Charles Pasqua comme président. La loi n'a pourtant pas encore été modifiée, et ce dernier se retrouve en situation de cumul. Mais la promulgation du nouveau texte ne devrait plus trop tarder et d'éventuels recours ne pourront aboutir. Une nouvelle ère de la présidence Pasqua s'ouvre.

T.B.

 
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