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DEPUIS le 25 JUILLET 2002, Jean-Paul Dova était président
par intérim du conseil général. Il nous livre
ses sentiments à la veille de céder la place à son
détenteur historique, Charles Pasqua.
Quel bilan tirez-vous
de ces sept mois d'intérim ?
Ce fut un moment très
fort dans mon parcours personnel, un enrichissement prodigieux.
Je ne regrette pas du tout l'expérience. Et je pense que
je n'ai pas à rougir de mon action à la tête
de l'assemblée.
J'ai notamment fait adopter le budget. Qui
plus est, contrairement à ce qu'ont pu dire certains élus
de l'opposition, l'action de l'assemblée n'a pas été entravée
et nous avons pu lancer de grands chantiers.
Je pense par exemple
au stade Yves-du-Manoir, à l'île Monsieur, à l'île
Saint-Germain ou bien au dossier de la politique de la ville.
Si
l'expérience fut si bonne que cela, n'auriez-vous pas souhaité qu'elle
se prolonge ?
Il était évident d'emblée qu'il
s'agissait d'un intérim. Mon engagement était très
clair vis-à-vis de Charles Pasqua : s'il s'avérait
qu'il pouvait reprendre son poste comme c'est effectivement le
cas aujourd'hui, alors je lui laissais évidemment la place.
En revanche, s'il n'avait pas voulu ou pas
pu revenir, j'aurais été candidat.
Il n'y a jamais eu d'ambiguïté. Je ne suis pas amer
du tout.
On sait que Charles Pasqua n'a jamais
quitté son
bureau. Sa présence n'a jamais été pesante
?
Pas du tout. Il a joué un rôle d'expert mais il
ne m'a jamais barré. Il a été d'une grande
aide pour moi et il a toujours répondu présent. Je
crois que, au cours de cette période, il a vu que j'étais
quelqu'un sur qui on pouvait compter.
L'UDF, qui revendique le
siège de premier vice-président du conseil, s'inquiète
que vous puissiez briguer cette place. Qu'en est-il ?
Je suis effectivement
candidat à la première vice-présidence. En
sept mois, j'ai vu toute la masse de travail qu'il fallait pour
faire tourner la machine départementale. Et, compte tenu
de mon expérience, je pense être le mieux placé pour
occuper ce poste. En ce qui concerne l'UDF, il n'y a jamais eu
d'accord juridique entre nos deux groupes. Il s'agissait juste
d'un principe qui correspondait à une certaine époque.
Mais je ne doute pas que nous trouverons un accord. Demain (NDLR
: aujourd'hui), une réunion de chacun de nos groupes est
prévue et je pense que nous trouverons une solution avant
le vote.
Propos recueillis par Timothée Boutry
Chronique d'un retour annoncé
26 juillet 2002. Charles Pasqua envoie une lettre à tous
les conseillers généraux. En situation de cumul,
il doit choisir entre son poste de président du conseil
général et son mandat européen. Afin de « prendre
toute sa part » dans le débat continental, il décide
de rester à Strasbourg, et quitte le poste qu'il occupe
depuis quatorze ans, écrit-il à ses collègues.
Fidèle parmi les fidèles, Jean-Paul Dova assure l'intérim
pour toute la période où le conseil général
n'est pas au complet.
Courant août 2002. Selon Jean-Paul
Dova, ce n'est que trois semaines après son départ
que Charles Pasqua apprend qu'une réforme des modes de scrutin
se prépare et qu'elle pourrait intégrer une modification
de la règle du cumul des mandats. C'est-à-dire permettre à un
député européen d'être en même
temps en charge d'un exécutif local. Pour d'autres, il s'agirait
d'un cadeau de Nicolas Sarkozy dans l'hypothèse où ce
dernier souhaiterait accéder à la présidence
du conseil en 2004.
7 août 2002. Le scénario du retour
de Charles Pasqua se précise. Quatre conseillers généraux
ont été élus à l'Assemblée nationale.
Tant qu'ils n'ont pas été remplacés, le conseil
ne peut élire son nouveau chef. Le quatrième d'entre
eux, Philippe Pemezec, attend le dernier moment pour démissionner.
9 novembre 2002. Philippe Pemezec démissionne.
6 décembre
2002. Le conseil général se réunit en séance
publique et l'opposition s'agite. Pierre Sotura (PC) rappelle que « l'intérêt
des populations du département doit passer avant les convenances
personnelles ». Pascal Buchet (PS) parle, lui, de « tartufferie ».
20 janvier 2003. Cérémonie des voeux au conseil général.
En haut de l'escalator, les invités sont accueillis par...
deux hommes : Jean-Paul Dova et Charles Pasqua.
2 février
2003. Jacques Perrin est élu en remplacement de Philippe
Pemezec. La machine est lancée, le nouveau président
doit être élu dans le mois qui suit.
Aujourd'hui 17
heures. La majorité départementale présente...
Charles Pasqua comme président. La loi n'a pourtant pas
encore été modifiée, et ce dernier se retrouve
en situation de cumul. Mais la promulgation du nouveau texte ne
devrait plus trop tarder et d'éventuels recours ne pourront
aboutir. Une nouvelle ère de la présidence Pasqua
s'ouvre.
T.B.
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