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C'est la conséquence de la réforme des modes de
scrutin.
Charles
Pasqua, 75 ans, sera bientôt un homme comblé. Après
avoir dû démissionner de son siège de président
du conseil général des Hauts-de-Seine, le 31 juillet
2002, pour cause de cumul avec son mandat de député européen,
il va récupérer son fauteuil présidentiel
dès jeudi prochain. C'est l'une des conséquences
du projet de loi réformant les modes de scrutins régional
et européen, adopté par l'Assemblée nationale
le 15 février après le coup de force du 49.3 utilisé par
Jean-Pierre Raffarin.
Sarkozy manoeuvre. Il faut se plonger dans le contenu du texte
pour y dénicher le cadeau fait à Pasqua par Nicolas
Sarkozy. Son aîné lui laissant miroiter sa succession à la
tête du conseil général des Hauts-de-Seine
après le renouvellement cantonal de 2004, l'actuel ministre
de l'Intérieur a facilité sa remise en selle. Pour
mieux assurer l'éventuelle transition l'année prochaine.
C'est pourquoi l'exposé des motifs de l'article 16 de
la réforme des modes de scrutin précise que «le
régime de cumul applicable aux représentants au
Parlement européen est aligné sur celui des parlementaires
français». Autrement dit : une fois que la réforme
sera adoptée par le Sénat début mars, les
parlementaires de Strasbourg pourront cumuler leur mandat européen
avec celui d'un exécutif local. Et Pasqua pourra récupérer
la présidence de son fief des Hauts-de-Seine, sur lequel
il règne depuis quinze ans.
Immunité. L'été dernier, il avait pourtant
abandonné son mandat pour celui de député européen.
Officiellement, l'ancien ministre de l'Intérieur avait
estimé que la «véritable bataille» souverainiste
se déroulerait à Strasbourg plutôt qu'à Nanterre.
Officieusement, le mandat de député européen
avait l'avantage de lui offrir une immunité bien commode
pour échapper aux poursuites judiciaires. Pasqua est en
effet mis en examen pour «financement illégal» dans
le cadre de la campagne des européennes de 1999, et pour «recel
d'abus de biens sociaux et trafic d'influence» dans le
cadre de l'affaire Falcone.
Depuis sept mois, Pasqua était cependant resté conseiller
général de Neuilly, se contentant de céder
la présidence à l'un de ses fidèles du RPF,
Jean-Paul Dova. «Un second moi-même», rigole
Pasqua. Dova savait qu'il ne faisait qu'assurer l'intérim.
Car à peine parti, Pasqua préparait déjà son
retour. Avec l'appui du ministre de l'Intérieur, Nicolas
Sarkozy. Les deux hommes ont d'abord suscité une série
de démissions au sein du conseil général
des Hauts-de-Seine pour provoquer trois élections cantonales
partielles successives. Lesquelles ont repoussé d'autant
l'élection du nouveau président, qui ne peut avoir
lieu qu'une fois l'hémicycle au complet. Pasqua et Sarkozy
ont joué la montre jusqu'à ce que le projet de
loi sur la réforme des scrutins permette au premier de
retrouver ses pénates. Suivi à la lettre, ce plan
va trouver sa conclusion après-demain.
Chirac dans l'ombre. Si Pasqua et son «ami» Sarkozy
ont agi de concert, Jacques Chirac a couvert la manoeuvre. Car
le chef de l'Etat avait été fort soulagé du
renoncement de Pasqua lors de l'élection présidentielle.
S'il avait maintenu sa candidature jusqu'au bout, le président
du RPF aurait pu sérieusement menacer sa réélection.
Bref, une bonne partie de la droite s'est mobilisée pour
sauver le soldat Pasqua. Jusqu'à Jean-Pierre Raffarin
qui, en faisant passer son projet en force grâce au 49.3,
a sauvé la mise du «tonton flingueur» de la
Chiraquie.
Thomas LEBEGUE
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