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Le poste, très convoité, de
président du conseil général des Hauts-de-Seine,
sera remis en jeu en 2004.
(Photo AFP.) |
RPF
Le député européen s'est fait réélire
hier à la présidence du conseil général,
anticipant le vote de la loi qui autorisera le cumul de ces deux
mandats
Charles Pasqua a été réélu sans
surprise, hier après-midi, président du conseil
général des Hauts-de-Seine, par 28 voix (UMP-UDF)
contre 8 à Pascal Buchet (PS). Les 9 conseillers PC ont
refusé de participer au scrutin, dénonçant «un
tripatouillage des lois électorales». Pour récupérer
son fauteuil à la tête du département le
plus riche de France, dont il avait dû démissionner
le 31 juillet 2002 pour cause de cumul des mandats, le président
du groupe de L'Union pour l'Europe des nations à Strasbourg
a en effet joué la montre, et habilement suscité une
succession de recours en justice et de démissions au sein
du conseil général, en attendant que la loi change.
Votée sous le gouvernement Jospin, la loi du 5 avril 2000
avait établi l'incompatibilité entre un mandat
de député européen et la présidence
d'un exécutif local, alors que les parlementaires français,
eux, ont conservé le droit de cumuler les deux fonctions.
Ce texte a été très critiqué par
les députés européens, de droite comme de
gauche. Mais il vient d'être modifié par le projet
de réforme des modes de scrutins régionaux et européens
du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, voté en
première lecture à l'Assemblée le 15 février,
grâce à l'arme du 49-3, et inscrit à l'ordre
du jour du Sénat mardi prochain.
Anticipant le vote définitif de cette loi qui arrange
bien ses affaires – mais d'autres, comme le président
de l'UDF, François Bayrou, sont également concernés –,
Charles Pasqua, devenu simple conseiller général,
va retrouver un fauteuil qu'il n'a jamais vraiment cédé.
Son intérim a été exercé par un vice-président
dévoué à sa cause, Jean-Paul Dova. Pasqua
a en outre toujours conservé son bureau présidentiel.
Et, en vieux routier de la politique, l'ancien ministre de l'Intérieur
a lui-même suscité quatre démissions de conseillers
généraux proches de lui, le dernier en date étant
Philippe Pemezec, nouveau député des Hauts-de-Seine,
pour bloquer la procédure d'élection d'un nouveau
président, qui requiert la présence en séance
de tous les élus.
De la même façon, Pasqua avait provoqué une
série de recours en justice, après le vote de la
loi d'avril 2000, pour pouvoir conserver sa présidence
pendant plus de deux ans en situation de cumul des mandats. Car
il avait choisi Strasbourg, officiellement pour y défendre
les thèses souverainistes, en réalité pour
conserver son immunité parlementaire alors qu'il est mis
en examen dans plusieurs affaires.
Le poste, très convoité, de président du
conseil général des Hauts-de-Seine, sera remis
en jeu en 2004. Beaucoup supputent que le «cadeau» de
Nicolas Sarkozy à Charles Pasqua n'est pas gratuit, et
que l'hôte de la Place Beauvau attend son heure pour s'emparer
des Hauts-de-Seine. Mais le nom de Nicolas Sarkozy est aussi
avancé pour la reconquête de la présidence
du conseil régional d'Ile-de-France, et Pasqua en a découragé plus
d'un, en particulier le député-maire UDF d'Issy-les-Moulineaux,
André Santini...
Sophie Huet
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